« Over the Clouds » Laurent De Wilde Trio

Laurent De Wilde Trio

Faut-il être né aux États-Unis pour faire du (bon) Jazz ? Que nenni ! Et pourtant c’est le cas du pianiste Laurent de Wilde.

Laurent De Wilde
Laurent De Wilde

Né à Washington en 1960, ce pianiste de jazz, réputé aussi comme compositeur, et écrivain français — biographe de Thelonius Sphere Monk chez Gallimard Folio en 1997, et donnant régulièrement de sa plume sur son blog, où derechef, ce que veut dire « savoir écrire » est à l’honneur.

Une plume récompensée, puisque Laurent De Wilde a été promu au rang de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en janvier 2012.

Reconnu dans le (petit) milieu du Jazz depuis la fin des années quatre-vingt, Laurent De Wilde a toujours été un pianiste ambitieux et ouvert à des horizons qui lui ont valu d’être dans des bands de rêve et auprès de chantres « des Jazz ».

Laurent de Wilde - © Sylvain Gripoix
Laurent de Wilde – © Sylvain Gripoix

Citons par exemple les musiciens Eddie Henderson, Ralph Moore, Ira Coleman, Billy Hart, Barney Wilen, Aldo Romano, ou encore André Ceccarelli.

Depuis son « Off the Boat » (Ida Records) en 1987, Laurent De Wilde n’a eu ni fin ni cesse de placer sa touche dans l’éclectisme au sens le plus noble du terme.

Le style et le son à la « De Wilde » est reconnaissable, vivant de sa propre charpente.

Laurent De Wilde à propos de « Over the Clouds »
Laurent De Wilde

Bien qu’il soit fin et caméléon, la touche du « maestro-expérimentateur » laisse des traces dans les oreilles d’un mélomane, et l’on sent que la technique n’est pas pour lui une finalité mais bien un moyen — en, et au service.

Expérimentateur ?  Laurent De Wilde propose dans sa discographie de quoi se délecter, quelque soit l’origine musicale de son auditeur.

Piano, ordinateur et vidéo, ce pianiste épuisant sa nescience à chaque expérience, est tout aussi à l’aise dans le free, le nu jazz, le funk jazz ou l’electro jazz, comme le dévoilent ses albums « PC pieces » ou son live avec Dominique Poutet, aka Otisto 23.

Aussi ai-je décidé pour l’occasion de renouer avec mon passé new-yorkais et de convier à cette session mon vieil ami Ira Coleman avec qui je n’avais pas travaillé depuis fort longtemps, tout occupé qu’il était dans les groupes de Herbie Hancock, Dee Dee Bridgewater ou Sting, et de m’assurer la participation de Clarence Penn, l’un des batteurs les plus subtils et musicaux de sa génération, comme en atteste sa participation aux groupes de Michael Brecker, Diana Krall ou Richard Galliano. Laurent De Wilde à propos de « Over the Clouds »

Nouvel album trio De Wilde acoustique à paraître le 23 avril 2012Jazz De Wilde en campagne

Pour la cuvée 2012, Laurent De Wilde revient à des origines. Celles d’un jazz en trio, d’une matière acoustique et de retrouvailles avec des coéquipiers d’un temps passé mais non polit ou lissé par le temps.

Cette réunion en trio, autour de l’album « Over the Clouds », Laurent De Wilde l’a organisé avec les musiciens Ira Coleman (contrebasse, bass élec.) et Clarence Penn (batterie, percussions).

Pas besoin de dresser ici leur parcours de trublions du son et du swing, ils ont plus d’un honneur et d’un disque à leur platine.

« Over the Clouds », qui contient 9 titres, est aussi l’occasion pour Laurent De Wilde d’inviter ces deux compères de parcours, Jérôme Regard (contrebasse) et Laurent Robin (batterie) sur l’opus 3, « Fe fe naa efe » de l’illustre père de l’afrobeat Fela Kuti. Une « reprise » pleine de bonne énergie qui fleure bon le groove et la chaleur de la Terre Mère, avec basse électrique, contrebasse, et deux batteurs.

Le « reste » des 8 titres, partagés avec le trio DeWilde-Coleman-Penn oscille entre rêve poético-sonore, compositions et hommages (« Prelude to a kiss » de Duke Ellington, piste 1), le tout mâtiné de l’essence d’un rythme précis et suspendu « over the clouds », pour respirer ne serait-ce que pendant 54 minutes, d’un air léger, et profondément sensuel.

La prise de son restitue parfaitement les instants croisés de ce trio éther, où les harmoniques, les intentions, les intensités et les caresses de chacun, se déploient sans crise identitaire ni appel au secours de musicien désabusé, mais avec homogénéité et une inspiration fluide.

« Over the Clouds » ne restera pas un disque secondaire dans la carrière de Laurent De Wilde, car au-delà de l’intention déclarée de retrouver ses amis d’une époque newyorkaise, le trio laisse une empreinte limpide et convaincante. A noter, le toucher du piano Fazioli est y est délicieux.

A écouter (d’urgence), cet album, au format digipack sans fioriture, ne risquera pas de prendre la poussière. Pour sûr, il la fera fuir pas ses vibrations. Toutefois, il se rangera très bien au côté d’albums sublimant l’art du trio (jazz) comme « Sunday at the Village Vanguard » de Bill Evans (pianiste), « With all my hearth » de Harvey Mason (batteur), ou « The Art of trio » de Brad Mehldau (pianiste) ou « Live at the Blue Note Tokyo » de Giovanni Mirabassi (pianiste).

© Jimmy Braun – 04/2012

 

  • Laurent De Wilde L2WRéférences du disque : « Over the Clouds » Laurent De Wilde Trio  — Laurent De Wilde(piano, compositions, arrangements), Ira Coleman (contrebasse, bass élec., arrangements, composition) et Clarence Penn (batterie, percussions). Avril 2012, GAZ089 Gazebo Production/ L’Autre Distribution. Sortie de l’album dans les bacs le 23 Avril 2012. Disponible sur la Fnac.com. Site officiel de l’artiste : http://laurentdewilde.com Page Facebook →Laurent De Wilde

 

 

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