Pourquoi maintenir son identité numérique à jour ?

Protéger son identité numérique

La gestion de votre identité numérique devient de plus en plus stratégique.


Apprendre à gérer votre identité numérique. Reflet de votre image, l’identité numérique nécessite un apprentissage des différentes techniques propres à chaque médias et réseaux sociaux.

Contrôler son identité numériqueEn effet, au premier abord, il est assez facile de prendre en main la plupart des outils proposés sur les réseaux sociaux.

Ensuite, de nombreux utilisateurs semblent avoir de l’intuition pour comprendre et résoudre les petits problèmes rencontrés. D’autres ne comprennent toujours pas pourquoi ils devraient s’y inscrire et gérer leur identité numérique.

Cependant, l’avènement d’Internet commence à prendre de la bouteille, avec une place centrale dans l’économie. En effet, l’usage des réseaux sociaux est devenu populaire et vital surtout pour les entreprises et les personnalités publiques.

En outre, les réseaux sociaux ont été à la base de mouvements sociaux comme le Printemps Arabe. De ce fait, une cyber-guerre mondiale aura-t-elle lieu ? Par ailleurs, tellement ancré à tous les niveaux, l’Internet a fait naître la cyber-addiction et la cure « digital detox » (une cure pour se sevrer d’internet).

Une croissance axée sur le numérique, que vous le vouliez ou non

Ensuite, le poids de l’Internet se prouve au quotidien.

En décembre 2014, l’entreprise Sony Pictures Entertainment (SPE) cède aux hackers et annule la sortie d’un film (The Interview). Cette comédie qui met en scène deux journalistes missionnés par la CIA d’assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. En d’autres termes, les « hackeurs » avaient menacé les producteurs et le piratage des systèmes et des données de SPE. Ce qui a bien eu lieu. « Sony Pictures n’a plus aucun projet de sortie pour le film », a précisé un porte-parole studio à l’AFP.

Vous et votre « Data » : vos données sont précieuses et valent de l’or pour les entreprises et le marketing


Sommaire

♦ Prendre son identité numérique au sérieux

  1. Contrôler la frontière entre vie privée et vie publique
  2. Aider les gens à vous trouver
  3. Rester connecté avec les cercles et domaines qui nous intéressent
  4. Être dans une démarche professionnelle
  5. Actualiser son identité numérique

♦ Rompre avec sa vie numérique



Prendre son identité numérique au sérieux


La révolution des média sociaux

Premièrement, ce n’est pas dans ce dossier dédié à l’identité numérique ou virtuelle, que vous allez apprendre à utiliser un réseau social comme Twitter, Instagram, Pinterest ou LinkedIn. De même que d’apprendre comment utiliser les fonctionnalités de Facebook pour apposer vos « Like » (« J’aime ») ou partager une vidéo qui fait son « buzz ».

En revanche, l’objectif est de convaincre les « non-croyants » qu’il est indispensable de contrôler leur identité numérique ou plutôt leurs identités numériques. Ainsi que de renforcer cette idée pour ceux d’entre vous qui y travaillent déjà régulièrement.

La force de développement des services en ligne est telle que chaque internaute est un potentiel producteur de contenus, en le conduisant ponctuellement à laisser des traces de son activité numérique.

Vous avez sans doute déjà trouvé au hasard de recherches sur les moteurs, des traces vous concernant ? Que ce soit des signatures inscrites au bas des pétitions numériques, des coordonnées dans un annuaire, des commentaires laissés à propos d’un restaurant ou un livre/article que vous avez apprécié, ou des avis clients lors d’achats sur internet.

Identité réelle et virtuelle 

A l’instar de notre identité réelle, l’identité numérique peut autant être décidée, gérée, et contrôlée, surtout qu’elle est aussi plurielle. Loin d’être immobiles, une gestion de ses identités numériques permet de surveiller et maintenir (cf. personal branding) son e-réputation ou son e-influence.

Par exemple, aujourd’hui rares sont les recruteurs qui ne vous Googlise pas. Avec pour but de compléter leur regard sur une candidature pour un poste de travail ou même d’un stage. Partant de là, il est simple de comprendre l’enjeu de veiller a minima sur l’ensemble des renseignements et des données qui se rapportent spécifiquement à vous, à votre famille, à votre entreprise ou à l’entreprise pour laquelle vous travaillez.


5 bonnes raisons de maintenir son identité numérique
A l’instar de notre identité réelle, l’identité numérique peut autant être décidée, gérée et contrôlée

5 bonnes raisons de maintenir son identité numérique




  1. Contrôler la frontière entre vie privée et vie publique


Votre identité existe malgré vous et les données se monnayent. Si vous ne gérez pas votre identité, quelqu’un d’autre (voire un robot) le fera pour vous. Chaque site où vous vous inscrivez pour acheter en ligne, chaque entreprise où vous avez travaillé et chaque école où vous êtes allé, à probablement un enregistrement numérique en ligne.

Tout ce qui va en ligne reste en ligne. Même si des moteurs de recherche comme Google proposent de les retirer, des contenus de votre identité numérique se forment que vous le vouliez ou non — et peuvent être propagés de façon virale au travers des réseaux sociaux ou stockés sur des archives comme https://archive.org/.

Quand quelqu’un cherche votre nom sur Google, vous voulez apparaître au meilleur jour ? Avec une page professionnelle positive et pas une page Myspace ou Skyblog embarrassante qui date de vos débuts sur l’Internet. Découvrir les médias sociaux peut vous amener à prendre le contrôle de votre identité. Vous ne voudriez sans doute pas que quelqu’un définisse à votre place votre personnalité ?




  1. Aider les gens à vous trouver


Avec la grande probabilité d’avoir au minimum un homonyme dans un résultat de recherches sur un nom propre, il est important d’orienter les gens qui souhaitent vous contacter ou s’informer sur vous, en passant par Internet. Optimiser les informations d’un Profil même peu actif permet donc d’affiner les informations qui vous caractérisent.




  1. Rester connecté avec les cercles et domaines qui nous intéressent


Avec l’agonie du secteur de la Presse Papier et la modification de nombreuses habitudes du quotidien, Internet peut dans certains cas devenir la seule source d’information d’un contenu précis que l’on avait plaisir à feuilleter en fumant la pipe et en buvant un vieil Armagnac.

Les médias sociaux, c’est un peu comme les couloirs et les rues, il n’est pas nécessaire de faire trop d’efforts pour entrer dans une conversation. Les mammouths du Web que sont les forums, sont mêmes parfois devenus plus compliqués qu’un Profil Facebook.




  1. Être dans une démarche professionnelle


Trop souvent, les gens utilisent les médias sociaux pour se plaindre des choses de la vie, de leur travail, de « Vous ! », ou de n’importe quoi. Si vous ne faites que de vous plaindre, en laissant apparaître votre identité numérique négative, certaines conséquences peuvent vous nuire. Ce qui n’empêche pas de revendiquer ou militer pour les causes que vous partagez.

Encore une fois, les médias sociaux sont comme une rue ou un couloir. Vous viendrait-il à l’idée de crier dans la rue « je vais égorger le chien qui a fait ça ! », parce que vous avez marché dans le cadeau d’un gentil chien-chien à sa mémère ? Et que vos chaussures sont customisées gratuitement avant votre rendez-vous. Soyez professionnel, mais éclatez-vous quand même de temps en temps !




  1. Actualiser son identité numérique


Pour les personnes qui ont déjà des comptes de médias sociaux et ont commencé à façonner leur identité numérique, ne pas laisser à l’abandon votre contenu. Si vous avez changé d’emploi, d’école, ou de pays, assurez-vous de modifier vos comptes en ligne. Vous voulez que votre identité numérique soit un reflet fiable ? Assurez-vous qu’elle soit à jour.

Si vous n’êtes pas sûr de la façon de démarrer votre gestion d’identité numérique, ce qu’il faut utiliser, ou comment arriver dans une conversation, trouvez quelqu’un en ligne qui vous semble être un bon exemple ou modèle, de ce que représente pour vous votre identité numérique, ou celle que vous visez.

Façonner votre propre identité numérique nécessite parfois du temps, surtout si vous devez vous positionner, ou vous découdre d’une mauvaise information à votre sujet qui serait drainée sur internet. Par exemples, un mauvais numéro de téléphone (comme le véritable cancer du web avec les numéros surtaxés, 0899 et compagnie), ou une mauvaise adresse, un avis négatif sur un hôtel que vous regrettez, la photographie de votre enfant que vous ne souhaitez pas diffuser, ou encore les données légales d’une entreprise radiée.

Internet est une véritable jungle. Certaines terres numériques sont habitables et d’autres colonisées parfois par des fantômes, ou leurs doublures falsifiées. Ne laissez pas les algorithmes ou quelqu’un posséder votre futur, même si tout n’est pas maîtrisable.



Comment Rompre avec sa vie numérique ?


Rompre avec sa vie numériqueSi vous souhaitez fuir le monde numérique et virtuel, soit à cause d’une cybercondrie déclarée, ou d’une allergie de tout ce qui se « Like », se « Retweet », se « Push », ou se « Follow », il existe des alternatives et des recettes. D’autant plus, que selon l’expert David Gelernter (Professeur en science informatique à Yale University), « le mouvement anti-internet est nécessaire » (1).

Pour les « e-phobiques » moyens, qui souhaitent tout de même communiquer via le réseautage, on voit apparaître des alternatives. Comme le récent réseau social américain Ello.co, qui se veut être à l’opposé de Facebook.

Vivre sans internetPour les extrêmes, il va falloir commencer par vous faire violence. En effet, selon l’ampleur de ce qu’il faut déréférencer concernant votre identité numérique, cela peut prendre du temps. Surtout si vous faites tout vous même. Engager des recherches sur les moteurs pour trouver les liens qui mèneraient à une information vous concernant est fastidieux. Vous pouvez d’abord rechercher les informations du propriétaire d’un site avec http://whois.domaintools.com.

Effectivement, certains webmestres sont très soucieux de la qualité des contenus et sauront donc écouter votre demande. Pour les autres, ceux qui cachent leur Whois (contraction de l’anglais « who is? », signifiant « qui est ? »), mettent des pages de contact sans aucune autre information légale, il sera plus délicat de manœuvrer mais c’est possible d’agir.

Ci-dessous, la vidéo d’un exemple d’initiative d’un restaurant pour le sevrage des personnes addicts aux réseaux sociaux (social media detox).

Contactez les organismes de régulation

Ensuite, selon le pays où vous vous trouvez, commencez par contacter l’organisme de régulation en charge de veiller à la vie privée, aux libertés individuelles et publiques, et lois informatiques. La CNIL en France. En Allemagne : « Der Bundesbeauftragte für den Datenschutz » (autorité fédérale) http://www.datenschutz.de. En Belgique : « Commission pour la protection de la vie privée » http://www.privacy.fgov.be/. En Italie : « Garante per la protezione dei dati personali » http://www.garanteprivacy.it/. Aux Pays Bas : « Dutch Data Protection Authority » http://www.cbpweb.nl. Au Royaume-Uni : « The office of information Commissioner Wycliffe House » http://www.dataprotection.gov.uk. En Suède : « Datainspektionen » http://www.datainspektionen.se, etc. Pour plus d’informations et de contacts, vous pouvez télécharger le panorama des législations adoptées dans le monde (via fichier PDF).

Vous souhaitez vous désinscrire des réseaux sociaux ? Premièrement, vous pouvez passer par chaque réglage de profil pour supprimer votre compte définitivement. Soit vous pouvez utiliser des services de déréférencement de masse avec des outils en ligne. Il existe par exemple Account Killer http://www.accountkiller.com/ ; Just Delete Me http://justdelete.me/ ou Knowem http://knowem.com/.

Contrôler la frontière entre vie privée et vie publique

Claire découvre des vidéos d’elle nue. Vengeance de son ex : le cauchemar a commencé http://t.co/60z12RmNdq

— L’Obs (@LeNouvelObs) 18 Décembre 2014 (2)


Donnons-nous pour mission de participer à la neutralité du web

Il existe des méthodes et des solutions pour améliorer la qualité du web. Que ce soit pour être présent sur internet, apprendre à maîtriser leur vie numérique, ou dénoncer des brimades (harcèlement sur Internet, cyber-harcèlement, revenge porn, etc.).

Enfin, prenez le temps de bien définir vos besoins et votre capacité d’agir. Surtout que certains sites de contenus ne sont que des « fosses sceptiques numériques ». Ils profitent de l’identité numérique d’un individu ou d’une entité, en la transformant en argent facile. Tout en laissant la Toile se tisser, veiller sur ses identités numériques c’est participer à la neutralité du web. C’est permettre la clarification et la qualité des résultats de recherche. Ceci pour ne pas laisser l’eldorado du XXème siècle entre les mains d’une même puissance ou des pouvoirs en place.

L’Internet transforme les rapports de pouvoir en amplifiant la puissance des internautes. Ne laissons pas cette occasion nous passer sous le nez !

© Jimmy Braun – Décembre 2014


Sources bibliographiques et webographiques
    • « Power and the internet« , Bruce Schneier, 2013, via https://www.schneier.com.
    • « Le guide de l’influence« , Vincent Ducrey, Éditions Eyrolles, 2010.
    • « Internet : qui possède notre future ?« , Jaron Lanier, Éditions Le Pommier coll. Manifestes, 2013/2014 (FR).
    • « Internet rend-il bête ? : réapprendre à lire et à penser dans un monde fragmenté », Nicholas Carr http://nicholascarr.com/, Éditions Robert Laffond, 2011.
    • « Putting Your Best Cyberface Forward« , New York Times, 2008. Via  http://nytimes.com.
    • Rapport de Master en médias, « You Look so Much Cuter on my Computer », Caroline Goralczyk, 2010, à télécharger via fichier PDF.
    • « Identité numérique : 10 règles simples pour contrôler son image sur internet« , via http://www.presse-citron.net
    • (1) « Anti-Internet movement is needed, says expert », David Gelernter, 2010, via http://www.dw.de
    • (2) « Sony cède aux hackers, et annule la sortie de son film », 2014, via http://www.lemonde.fr

Auteur : Jimmy Braun

Mélomane, curieux, passionné par la Littérature, la Cuisine, le Japon, l’Art, la Musique, les Percussions et les Nouvelles technologies de la Communication et de l’Information.